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Crédit photo: Nyima Leray

Crédit photo: Nyima Leray

Atelier Promotion 9

DE L'ACTEUR VERS LE PERFORMER

DU MONOLOGUE DRAMATIQUE VERS LE SOLO PERFORMATIF

Atelier dirigé par Stéphanie Lupo, metteure en scène
Avec l'ensemble des élèves de la promotion 9

Du 28 au 1er juillet / du 12 au 17 septembre / du 8 au 19 novembre

Ce module a débuté en juin dernier par un enseignement théorique intitulé « De l’acteur vers le performeur » proposant une introduction à l'histoire et à la philosophie du théâtre et de la performance au XXème et XXème siècle. En septembre, l’atelier s’est poursuivi à travers l’étude du monologue dramatique, exploré dans une direction performative. Les élèves ont été amenés à développer un travail personnel, en s’inspirant des textes d’Allen Ginsberg, Sarah Kane, Falk Richter, Angelica Liddell, Julian Beck et Henry Miller.

Novembre 2016 - TROISIÈME PARTIE

Durant ces deux semaines d'atelier, les élèves ont repris le travail sur le monologue dramatique soit en improvisation proche du texte en utilisant leurs propres mots, soit en utilisant le texte de l'auteur. Parallèlement il leur a été demandé de créer des images visuelles scéniques dont ils seraient le centre et qui laisseraient apparaître et transparaître les notions phares de présence, d'action et d'acte.

Lors de l'ouverture publique de l'atelier le 17 et 18 novembre, il leur sera demandé de combiner le travail d'acteur effectué sur le monologue dramatique et celui plus performatif qui portait sur image, présence et acte. Dans l'esprit de l'atelier où chaque après-midi consistait à avancer dans le processus de création jour après jour presque artisanalement en proposant une improvisation inédite en lien avec leur texte source, aucun d'eux n'aura répété ce qu'il montrera.

"Au cœur du travail se trouve la notion d'acte et de présence authentique. L'idée d'engagement de l'acteur, à la frontière de la personne qu’il est réellement. À travers l'expérience sensible du plateau, explorer l'être essentiel, libre, créateur, qui dans la vie quotidienne attend enfoui, conditionné. Déjouer les masques, les dissoudre, déposer la matière brute et confuse : Niegrida. Plomb en or. Transformer.  Écrire pour le plateau. Prendre la parole.  Pousser l'écriture et le jeu hors de leurs gonds. Retrouver une vérité brute,  "nue",  qui n'a pas à voir avec le fait d'enlever ses vêtements mais avec un face à face avec soi-même. Le jeu, et aussi la sincérité. Un acte de conscience. Jouer. Performer. Le faire sans filet, comme un poète dont le fait de prendre la parole en public est porté par une nécessité. Transgresser l'écrit, retrouver le mouvement vivant qui a animé l'auteur et déchiffrer le territoire invisible qu'il tentait alors d'embrasser. Rendre perceptible, sensible, visible, une réalité plus grande, plus intime ou subtile. Dans un monde où le visage humain sacré est défiguré par des images d'hommes fantoches qui gouvernent et n'envisagent le pouvoir que comme domination, renouer avec la force intérieure comme mouvement de libération. Travailler à rendre à l'humain sa beauté, sa dignité.

En public, face à des témoins, remettre le sens de sa présence et de ses actes en question. Une épreuve qui se vit en direct et s'offre en partage. L'acteur qui n'a nulle part où se cacher. Ici et maintenant, dissolution de la matière vile, du passé, se salir, en même temps nettoyer : le temple intérieur, siège de l'âme émiettée et effritée. Le travail porte sur la prise de parole dans un sens qui explore les extrémités. J'attends de l'acteur que porté par une lumière qu'il reconnaît dans un principe extérieur, il s'illumine de l'intérieur, et qu'il devienne l'incarnation d'un mouvement d'ouverture, de clarté, de liberté. Transgression dans le mouvement de libération au moyen de l'action, qui engage autant le corps que la parole. Parler, jouer, porter un acte nécessaire et vrai, à travers une euphorie créatrice réveillée, une sorte d'état d'éveil que l'acteur performer cherche à toucher. Contre le ressentiment et l'obscurité, dans une quête qui refuse le compromis, célébrer la vie. À travers l'acte et la présence, contribuer à révéler, éclairer."

"L'Actressor comme créateur" écrivait Julian Beck : "le rideau se lève, le mot est prononcé, l'interdit est révélé, le silence de la page rompu : les Actressors font un bruit de vie".

Stéphanie Lupo

du 8 au 19 novembre 2016

Informations générales

Studio École, 4ème étage

  • mardi 08 novembre 2016
  • samedi 19 novembre 2016